Maria Deraismes

Maria Deraismes naquit le 15 août 1828, dans une famille de bourgeois libéraux, comme il y en avait beaucoup vers 1830. Son père, commissionnaire en marchandises avait fait de sérieuses études ; il en avait conservé l’amour des belles lettres, et de l’œuvre de Voltaire en particulier.

Maria Deraismes, élevée dans une famille qui avait une horreur des Bourbons et des Jésuites, fut instruite par sa sœur aînée, notre S.:  Féresse-Deraismes, de sept ans plus âgée qu’elle, et qui, après lui avoir appris à lire, continua son éducation jusqu’ à 18 ans.

La jeune Maria Deraismes se mit alors à étudier toute seule la Bible, les Pères de l’Eglise, les livres traduits des religions indoues et orientales. Ces études firent disparaître les quelques principes du christianisme qu’avait pu inculquer à l’enfant une mère peu croyante, mais il lui resta une vague croyance en Dieu, ou plutôt un ardent désir de la justice que, disait-elle la veille de sa mort, elle avait cherché dans ce monde et qu’elle n’avait pas trouvé.

Les études les plus abstraites ne rebutèrent pas Maria Deraismes : elle étudia avec ardeur Leibnitz, Hobbes, les philosophes anglais et allemands du dix-huitième siècle. Voulant remonter aux sources, elle apprit le grec et le latin pour lire les anciens philosophes dans les textes mêmes.

Ces études arides n’avaient pas étouffé chez Maria Deraismes les sentiments esthétiques : elle voulut apprendre la peinture et travailla avec acharnement qu’elle apportait à tout ce qui intéressait et captivait son esprit. Elle trouvait encore le temps de consacrer quelques heures chaque jour à l’étude du piano.

Comment la jeune fille eût-elle l’idée d’écrire ? Pour agrémenter des soirées organisées par sa mère, Maria Deraismes composa de petites pièces de théâtre et l’une de ces pièces : «  A bon chat, bon rat  fut jouée à Bade, pendant la saison des eaux ».

Le hasard lui donna l’occasion de mettre en valeur ses dons naturels d’oratrice. Déjà, vers douze ans, racontait notre S.: Féresse-Deraismes, Maria Deraismes s’amusait à monter dans un kiosque à la campagne et à y improviser des discours que devait entendre sa préceptrice.

MM. Labbé et Léon Bicher, rédacteurs à l’Opinion Nationale, organisèrent les Conférences du G.: 0.: qui, rapidement, furent célèbres, et, en 1866 ils demandèrent à Maria Deraismes de prendre la parole. Elle accepta, après de nombreuses hésitations qu’elle exprimait en ces termes :

« Il y a deux ans, j’étais à mille lieues de penser que je parlerais un jour en public. Comment en aurais-je conçu le dessein ? Les femmes sont exclues du sacerdoce, de la politique, du barreau, de l’enseignement universitaire : les accès de la chaire et de la tribune leur sont absolument interdits.

« Comme tous ceux qui ont urne ardente conviction, j’avais le plus vif désir de répandre et de propager la mienne. Mais à cette occasion, j’étais plongée dans la plus grande perplexité.

«  Je continuais d’hésiter lorsqu’un jour je reçus la visite de MM. Labbé et Léon Richer…

 » Je fus très surprise de leur proposition ; et, bien qu’entraînée par une secrète sympathie, je répondis d’une manière évasive. Il me semblait téméraire, fou, de tenter tout à coup, sans préparation sans essai préalable, le genre oratoire devant un public parisien.

« Tout bien réfléchi, je me levai un beau matin, résolue de donner un refus ; j’avais reçu la veille une lettre de M. Léon Richer, le directeur des Conférences, qui me priait de me décider définitivement.

« Avant de, prendre la plume pour m’excuser; mes yeux tombèrent, par hasard, sur l’article d’un journal qu’on venait de m’apporter. Cet article était dirigé contre les femmes auteurs : « Les Bas Bleus ». L’impertinence, la grossièreté y étaient déversées à pleines mains ;  celui qui l’avait écrit contestait même le talent à des femmes qui ont contribué pour une large part, à la gloire littéraire de la France.

« Je fus irritée, indignée, et après cette lecture j’avais changé de résolution. Devant de telles attaques, la. seule attitude digne était de ne point se laisser intimider et de suivre son chemin.

« Si mes idées sont saines, si ma conviction est solide, me dis-je, pourquoi n’accepterais-je pas tous les moyens de vulgarisation possibles ? L’insuccès causera-t-il quelque dommage à ma famille ? Non ; elle est indépendante. Mettrai-je en souffrance des devoirs intérieurs pour en accomplir extérieurement d’imaginaires ? Non, je suis libre ; mon amour-propre seul est en jeu. Si j’échoue, je serai pendant quelques jours la proie des ironiques, des sarcastiques, des persifleurs. Après ! Est-il une seule entreprise qui ne fasse courir des risques à ceux qui la tentent ? Ne faut-il pas, bon gré mal gré, hasarder une certaine mise en fonds : n’exposons-nous pas tous les jours notre argent, notre amour-propre, quelquefois même notre vie ? Si les uns et les autres nous ménagions ainsi nos susceptibilités, notre amour propre, notre argent, notre personne enfin, nous ne tenterions jamais rien, nous ne commencerions jamais rien, nous nous condamnerions à l’immobilité.

«  Sans raisonner davantage, j’allais en. personne chez M. Léon Richer lui porter mon adhésion ; le jour fut pris séance tenante. ;,

« Cette première épreuve publique me donna des résultats inespérés. A peine avais-je parlé cinq minutes que la sympathie de mon auditoire m’était acquise ; il devint expansif, chaleureux, enthousiaste. »

Un auditeur de cette première conférence, M. Siebecker donna ainsi ses impressions, vingt ans après :

« J’avoue que j’arrivai à la conférence féminine de Maria Deraismes avec des dispositions gaies. Je m’attendais à trouver une vieille fille précieuse, minaudière et nulle.

« Mon étonnement fut grand en voyant arriver une jeune fille de vingt-quatre ans, au visage un peu pâle, d’urne grande distinction de formes et d’allures, d’une élégance simple, sans timidité ridicule et sans aplomb insolent.

« Dès le début, elle conquit son auditoire. La voix était bien timbrée, l’élocution facile, la langue d’une grande pureté, les traits d’esprit fins sans être méchants, bien lancés. Avec cela un haut bon sens et une grande érudition.

« Le succès fut complet.

« J’étais séduit comme tous et, grâce à la grande vogue du journal La Liberté, le lendemain, le nom de Mlle Maria Deraismes était connu. »

Ce premier succès n’éblouit pas Maria Deraismes, mais il la fortifia dans l’espoir de pouvoir répandre librement ses idées. Son parti était pris : elle renonçait définitivement à écrire pour le public, pensant, avec raison, qu’il est fort difficile d’aborder par écrit, avec quelques chances de succès, des sujets sérieux concernant la morale, la philosophie, l’histoire… Par la parole elle se sentait plus active, plus apte à agir directement sur les esprits, et elle comptait sur la souplesse de l’expression pour transmettre au public cette force dont elle était animée, cette foi dans un ordre social meilleur. Citons seulement ces quelques lignes qui indiquent mieux que de longues phrases dans quel esprit Maria Deraismes comptait accomplir sa tâche :

« Je continuerai donc mon œuvre à peine ébauchée, je la poursuivrai avec persévérance et opiniâtreté, écartant toute idée d’intérêts pécuniaires de mes travaux, les considérant comme une mission, un apostolat. »

De 1866 à 1870, Maria Deraismes développa dans ses conférences des sujets très divers : elle aborda tour à tour la morale, l’histoire, la littérature.

De cette époque date la série de conférences sur «Nos principes et nos mœurs » et un peu plus tard : l’Ancien devant le Nouveau! ». Dans ces dernières causeries surtout, Maria Deraismes se révéla comme, un véritable philosophe. Elle étudia les doctrines nouvelles avec impartialité et en s’appuyant sur ses connaissances acquises au cours de ses longues lectures. Elle rejeta peu à peu « le positivisme », terme général qu’elle applique, à toutes les philosophies basées sur la connaissance expérimentale de l’univers : réalisme, matérialisme naturalisme, positivisme de Littré ; puis la morale indépendante que Massol représentait à cette époque et qui devait servir de trait d’union entre les hommes de religions différentes.

Eprise surtout d’un idéal de justice qu’elle ne rencontrait dans aucun dogme, dans aucune doctrine Maria Deraismes rejeta avec horreur la pensée d’une humanité malheureuse, condamnée à la mort totale, à la destruction définitive sans espoir d’une récompense d’un au-delà. Elle dégageait l’idée de Dieu. de toutes les religions dans lesquelles on avait toujours voulu l’enfermer. Elle considérait, présidant aux destinées humaines, l’Etre Suprême le grand architecte et surtout le principe de Justice absolue et divine.

Cette idée de justice absolue, Maria. Deraismes ne l’abandonna jamais : la veille de sa mort, elle disait à un de ses médecins : « La Justice ! Ah ! Tenez, cher docteur, en elle je crois de toute mon âme, mais je l’ai cherchée dans-ce monde et ne 1’ai pas trouvée ; elle sera peut être ailleurs, et si elle n’était pas là pourtant,.. »

Quelque temps avant la guerre de 1870 Maria Deraismes étudia à fond les questions relatives au droit des femmes et se révéla à cette époque l’ardente féministe qu’elle restera jusqu’à sa mort.

La guerre de 1870 arrêta la vaillante propagandiste qui, avec notre S.: Féresse-Deraismes organisa une ambulance dans un de leurs immeubles de la rue Saint-Denis ; elles en supportèrent les frais pendant la durée de la guerre. La mauvaise santé de Maria Deraismes l’obligea alors à quitter Paris et à s’installer en Bretagne. Notre S.: , fit, à Saint-Malo, sur l’invitation du Conseil Municipal, une conférence « République et Monarchie » dont le succès fut considérable. Un journal de la localité, d’opinions indécises terminait ainsi son compte-rendu : « En voyant Mlle Maria Deraismes s’avancer, avec sa beauté triste, dans son costume noir, il nous a semblé voir la statue .de la patrie en deuil »

Après un tel succès Maria Deraismes ne s’en serait pas tenue là, si sa santé déjà chancelante n’avait été ébranlée à nouveau : un vomissement de sang condamnait notre S.: au silence, pour quatre années.

De retour à Paris, nos SS.*. Maria et Féresse-Deraismes firent remise à leurs locataires d’une année de loyer.

Après la tourmente, Maria Deraismes eut la conviction qu’une grande oeuvre de paix restait à élaborer.

Elle se remit courageusement au travail pour défendre la jeune République et les idées démocratiques qui lui étaient chères.

« Après cet effroyable désastre, tous les cerveaux ne furent plus absorbés que par une seule et unique pensée : relever la Patrie par la libération du territoire ; l’extension de l’instruction, l’organisation de l’armée et la consolidation de la République. C’est à cette dernière oeuvre que je travaillais…

« J’entrepris donc une campagne de propagande en faveur des principes de la démocratie, persuadée du reste, que de leur complète application dépend la disparition de toute injustice légiférée»

L’occasion, pour elle, ne se fit pas longtemps attendre d’affirmer une fois encore ses idées : Le Rabagas, de Victorien. Sardou, poussé et soutenu par la réaction et par les ennemis de la République provoqua une vive émotion dans le parti républicain. Maria Deraismes, dans une belle et véhémente conférence à la salle des Capucines, mit son indignation de républicaine à attaquer l’auteur et la pièce.

« On peut dire que la conférence de Maria Deraismes est le cri de conscience magnifique d’une Française dont on a froissé les opinions républicaines et les sentiments patriotiques ; l’indignation jaillit du cœur et se répand dans une langue admirable de netteté et d’incision ; c’est de l’éloquence. » (M. Jean-Bernard.)

Tout en défendant les idées démocratiques, Maria Deraismes n’oubliait pas sa campagne pour l’amélioration du sort des femmes, campagne qu’elle avait entreprise dès avant la guerre.

Dès le mois d’avril 1870, Maria Deraismes réfutait aux conférences de Cluny la définition de la femme donnée par Alexandre Dumas fils :   » La femme est un être circonscrit, passif. instrumentaire. disponible, en expectative perpétuelle. C’est le seul être inachevé que Dieu ait permis à l’homme de reprendre et de finir. C’est un ange de rebut ! « 

En 1872 révoltée par les fantaisies et les facéties de l’Homme-Femme du même auteur, elle répliqua par une véhémente brochure dans laquelle elle affirmait que la femme est un être complet et que le résultat obtenu par la servitude des femmes est l’amoindrissement de l’Humanité et Alexandre Dumas fils ne se préoccupa nullement de réfuter les nombreux arguments de Maria Deraismes pour lesquels il affecta un mépris de. mauvais goût.

En 1876, notre vaillante S.*. fonda la Société pour l’amélioration du sort de la femme, après une nouvelle série de conférences sur les Droits des Enfants, le Suffrage Universel et l’Art dans la Démocratie.

Elle prenait part aux luttes politiques et, vaillante, se lançait ardemment dans la mêlée ; elle républicanisait le département de Seine-et-Oise où, pour la première fois, un républicain, M. Senart était élu député.

Les dirigeants du 16 mai ayant supprimé le droit de réunion, Maria Deraismes invita ses amis dans sa propriété des Mathurins près de Pontoise et M. de Broglie ne put interdire à une dame d’inviter ses amis à prendre une tasse de thé, prétexte pour des conférences familières où venaient tous les militants du département et où l’on pouvait entendre Hubbard, Deschanel, Hamel, Naquet, etc…

Elle publia un journal : Le Républicain, de Seine-et-Oise, qui répandait les bonnes paroles de l’infatigable propagandiste.

Tout en restant l’idéaliste du début de sa carrière, Maria Deraismes se trouva entraînée par les larges idées démocratiques de son temps et peu à peu, nous voyons notre vaillante S.*. évoluer et marcher à son tour avec les plus ardents défenseurs de la libre pensée, de l’indépendance de l’esprit humain.

En 1881, elle organisa, avec Victor Poupin le premier Congrès anticlérical au G.*.0.*. de France. Le président, Schoelcher vint peu et ce fut Maria Deraismes qui dirigea ces importants travaux. Des décisions y furent prises concernant la séparation des églises et de l’État (abolition du Concordat, suppression du budget des cultes, liberté des cultes sans privilège aucun, droit commun pour tous. liberté d’association avec une législation spéciale pour les ordres religieux). Les grandes questions d’éducation, de fêtes laïques, de propagande anticléricale, d’organisation de service hospitalier, de l’assistance, furent examinées. Enfin, Maria Deraismes, cherchant à soustraire la femme à l’influence cléricale proposa au Congrès le vœu suivant qui fut adopté : « Le Congrès émet le vœu que les hommes et surtout les libres penseurs, fassent de leurs femmes leurs compagnes dans leurs réunions, cercles, comices, travaillent à les faire reconnaître légalement comme leurs égales.

Ce Congrès se termina par une réunion mémorable de 4000 personnes qui, après avoir applaudi Louis Blanc, saluèrent d’applaudissements une magistrale improvisation de Maria Deraismes sur le rôle social de la femme.

Un groupement politique important voulut couronner la brillante carrière de cette femme qui s’était révélée tout à la fois philosophe, politicienne; moraliste, en portant sa candidature en 1881. Maria Deraismes refusa, et dans une lettre au journal « Le Rappel », elle motiva ainsi son refus : Certes, depuis quinze ans, j’ai pris en mains la cause des femmes et j’ai fait revivre cette importante question, ensevelie après la Révolution de 1848. J’ai en toute circonstance demandé l’intégrité des droits féminins, aussi bien politiques que civils. Dés lors, le mouvement s’est généralisé, l’idée n’a cessé de marcher ; elle est même parvenue jusqu’aux Chambres. Mais comme, malgré les progrès accomplis dans les esprits et dans les consciences, rien n’est encore changé dans la loi, que le terme français, employé dans les codes et les constitutions n’implique pas toujours celui de française et qu’il l’exclut même en plus d’un cas ; qu’en conséquence, ma candidature ne peut être qu’une candidature de protestation, dont le résultat immanquablement même s’il y a succès, est l’invalidation ; je refuse. Car cette vaine tentative n’amènerait que des retards. Le temps est une matière trop précieuse, et nous n’en disposons que dans une trop faible mesure pour que nous le prodiguions inconsidérément ».

Le 14 janvier 1882, une Loge Maçonnique régulièrement constituée, les Libres-Penseurs de l’Or .’. du Pecq conférèrent la lumière maçonnique à Maria Deraismes ouvrant ainsi pour elle une nouvelle période d’activité, activité qui devait avoir pour conséquence, grâce au concours de notre F.*. Georges Martin, la création de l’Obédience mixte : Le Droit Humain.

Maria Deraismes, le jour même de son initiation, remercia les hardis novateurs (1) qui avaient eu le courage de l’admettre parmi eux et dans un magnifique discours, elle engagea ses FF.’. à persévérer dans leur action et leur montra le rôle social important que la femme contemporaine était appelée à jouer si un foyer moral tel que la Maçonnerie pouvait lui ouvrir ses portes. Maria Deraismes ne vit pas dans le geste frat.’. des M.’. du Pecq, une manifestation personnelle à son égard, un hommage rendu à son oeuvre, aux actes dévoués dont elle avait émaillé sa vie ; elle élargit l’importance de l’événement, elle le transporta dans l’enceinte de son féminisme, elle en fut l’acte d’avant-garde permettant à son âme exaltée tous les espoirs. Hélas, Maria Deraismes fut bientôt réduite au silence maç.’.. La G.’. L.’. Symb.*. Ecoss.*. de France menaça de la mise en sommeil son atelier du Pecq si celui-ci persistait à recevoir une femme. Notre S.*. , pour ne pas causer d’autres ennuis à ses amie, se retira ; son sommeil maç.’. devait durer onze années. Onze années durant lesquelles notre S.’. ne demeurait. pas inactive, restant, par ses idées et par son action sociale, en contact presque constant avec la Maçonnerie. L’un des nombreux FF.*. qui étaient venus en visiteurs, assister à l’initiation de Maria Deraismes notre F.*. , le Dr Georges Martin, provoqua le réveil maç.*. de notre S.*.  en l’associant à l’œuvre qu’il cherchait depuis longtemps  à créer. Ardent féministe, cherchant depuis plus de dix ans à taire admettre la femme dans la Maçonnerie, le F.*. Georges Martin, lassé de voir les Ob.*. existantes se refuser à cette transformation qu’il jugeait indispensable, soumit à Maria Deraismes ses idées de réalisation et s’engagea à l’aider dans la tâche qu’elle acceptait avec enthousiasme d’accomplir,

Après avoir réuni chez elle, rue Cardinet les 1er juin 1892 et 4 mars 1893, les quelques femmes à qui elle devait donner la Lum.*. maç.*., la S.*. Maria Deraismes assistée du F.*. Georges Martin, réunit ses prof.*. le 14 mars 1893, 45, rue de Sèvres, pour leur conférer le premier Gr.*. Symb.*. d’app.*. .*. maç.*.

Dans les séances successives du 24 mars et du 1er avril, les jeunes app.*. reçurent tour à tour le Comp.*., et la Maît.*., et le 4 avril 1893, la S.*. Maria Deraismes, Ven.*. fondatrice fit procéder à l’élection des officiers. Le F.*.  Orat.*. donna alors lecture des articles de la Constitution déposée au Ministère de l’Intérieur et à la Préfecture de Police, articles qui furent successivement adoptés. Dès le 4 avril 1893 on peut considérer que la Gr.*.L.*.Symb.*. Écoss.*. de France  » Le Droit Humain  » , était définitivement constituée.

Maria Deraismes ne devait malheureusement pas voir le couronnement de son oeuvre, aussi bien au point de vue Maç.*. que profane. Le mal dont elle souffrait depuis longtemps et qui l’avait à maintes reprises condamnée au silence, l’enlevait le 6 février 1894 à l’affection sincère de tous ceux qui l’avaient connus. Maria Deraismes est partie pour la Gr.*. L.*. Et.*. mais son souvenir vit encore parmi nous. Une oeuvre comme la sienne s’attache à l’époque qui l’a fait naître et lui survit. Sachons nous élever jusqu’à sa grandeur d’âme ; proclamons impérissable dans nos cours l’esprit de ceux qui ont travaillé pour nous et qui nous ont toujours trop prématurément quittés et surtout puisons dans leur exemple la force nécessaire à l’accomplissement de notre devoir.

(1) Etaient présents à la cérémonie d’initiation . Les FF.’. Laisant, de Hérédia, Delattre, Beauquier, Tony, Révillon , député Paul Viguier, Cernesson, Georges Martin, Auguste Desmoulins, Rey, conseillers municipaux, Germain Camille, Eugène Breton, Morin, Fromentin, Victor Poupin, etc.